
Les Lucs-sur-Boulogne est une commune du Nord Vendée, faisant partie du canton du Poiré-sur-Vie. Elle est née de la réunion des paroisses du Grand Luc et du Petit Luc.La commune a pris le nom de Lucs-sur-Boulogne de façon définitive en 1891. Auparavant, elle était appelée :
Pour la paroisse du Grand Luc :
- Apud Lucum au XIII éme siècle
- Sanctus Petus de Luco au XIV éme siècle
- St Père du Luc au XV éme siècle
Pour la paroisse du Petit Luc :
- De luco et De lucho au XI éme siècle
- Luci castrum ubi inus ecclesia de Luco ou Ecclesia de Luco quoe est in Castro au XIIéme siècle
- Beata Maria de Luco au XIV éme siècle
Étymologie de Luc
Le terme LUC vient étymologiquement de Lucus “bois sacré”. Le sens de ce mot est entre autre attesté dans une source datant de 1219 avec l’appellation “De nemore de Luco” (le bois du Luc), cité par le Cartulaire d’Orbestier. L’adjonction de Boulogne désigne la rivière qui passe par la commune.
Étymologie de Boulogne, pas de boue, ni d’eau bouillonnante !
Longtemps, il a été avancé par des auteurs du XIX éme siècle que le nom de la rivière La Boulogne venait de bul/blo pour “eau bouillonnante” avec suffixe -onia “rivière” ou encore bedonium pour “boue”. Hors aucune de ces hypothèse ne semble aujourd’hui cohérente, notamment pour l’auteur Jean-Loïc Le Quellec dans son dictionnaire des noms de lieux de Vendée. En effet, les désignations les plus anciennes du noms de la rivière sont Vedonia et Bidonia au VII et VIII éme siècle, rien à voir donc avec bul/bol et encore moins avec Bedonium donc aucune trace n’a été retrouvée et qui semble plutôt venir de l’imagination des auteurs du XIX éme siècle, qui cherchaient à rapprocher son nom du mot bas-poitevin bedoue (boue).
Au contraire la forme la plus ancienne de son nom Vedonia peut selon l’auteur Pierre Gauthier se rapproché d’une divinité gauloise locale Vitu, mais pour Jean-Loïc Le Quellec il serait plus sage d’y voir la racine pré-celtique ved- qui selon les auteurs Dauzat et Rostaing se reconnait aussi dans les noms de Védène (Vedena au XII éme siècle, Vaucluse) ou de Veynes (Vedenetto à la même époque dans les Hautes Alpes), avec une variante du suffixe hydronymique gaulois habituel en -onna. Cette racine pré-celtique*ved est de sens obscur, mais signifie peut-être hauteur. La rivière Vedenia ou La Boulogne aurait été “la haute” ou “la grande” ? Le mystère reste encore entier…
Bibliographie :
- Dictionnaire des noms de lieu de la Vendée – Jean-Loïc Le Quellec (2006)
- Toponymie et peuplement en Bas-Poitou aux époques anciennes – Pierre Gauthier (1985)
- Noms de lieux du Poitou, Vienne, Deux-Sèvre – Pierre Gauthier (1996)