Publié par : Nat | septembre 8, 2008

Le scandale du compost pollué vendéen

Pendant que les journalistes parisiens épiloguent sur la grossesse de Rachida Dati dont on a strictement rien à faire, en Vendée un scandale écologique a éclaté que beaucoup aimeraient passé sous silence. Seul les journaux locaux se font le relais des différents épisodes de cette affaire, mais sans que la gravité des faits n’aient pourtant d’impact majeur dans l’opinion publique ou n’est succité de réactions significatives.

Pourtant les enjeux de cette histoire sont importants  pour l’avenir de la qualité de l’environnement vendéen. A l’heure où le conseil Général s’enorgueillit de la construction de futures usine de TMB présentées comme des solutions miracles (mais coûteuses et controversées) pour une “Vendée propre”, cette histoire fait tâche dans la propagande du TMB.

Charte de l’environnement
Notre constitution s’est dotée depuis Le 28 Février 2005 d’une charte de l’environnement adoptée par le Parlement réuni en Congrès et promulguée le 1er Mars 2005 par Jacques Chirac, Président de la République. Hors cette charte dit :

Art. 1er. – Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

Art. 2. – Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement.

Art. 3. – Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement ou, à défaut, en limiter les conséquences.

Art. 4. – Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu’elle cause à l’environnement, dans les conditions définies par la loi.

Art. 5. – Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en oeuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.

Art. 6. – Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social.

Art. 7. – Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement.

Art. 8. – L’éducation et la formation à l’environnement doivent contribuer à l’exercice des droits et devoirs définis par la présente Charte.

Art. 9. – La recherche et l’innovation doivent apporter leur concours à la préservation et à la mise en valeur de l’environnement.

Art. 10. – La présente Charte inspire l’action européenne et internationale de la France.

Hors ces derniers mois en Vendée, cette charte a eu beaucoup de mal à être suivie et appliquée.

—- CHRONOLOGIE DES FAITS —-

1. AUTOMNE 2007 : épandage d’un compost pollué sur les terres agricoles
La Fève (fédération écocitoyenne de Vendée) fait analyser le compost sur ordures brutes issu de l’usine du Taffeneau au Château d’Olonne. L’analyse en laboratoire révèle des dosages de métaux lourds, plus importants que ceux des analyses de Trivalis. Cet compost est pourtant destiné à être distribué en toute légalité (jusqu’en 2009 ensuite des normes plus stricts ne le permettront plus) aux agriculteurs pour fertiliser leurs terres.

2. PRINTEMPS 2008 : l’épandage doit cesser !
Sensibilisé à cette affaire par la découverte de la Fève, la Chambre d’agriculture de Vendée réagit et demande au printemps 2008 la fin de l’épandage de ce compost pollué et polluant sur les terres agricoles. Demande auquel se plie Trivalis, qui pourtant comptait bien encore épandre celui jusqu’en 2009, c’est à dire jusqu’au terme du délais légles les y autorisant. La pollution ne semblait donc pas les gêner tant qu’elle reste légale, un comble qui va à l’encontre de l’esprit de la charte de l’environnement de notre constitution.

3. AOUT 2008 : Le scandale de Château-Guibert
Alors que les vendéens supposaient terminé l’épandage de ce compost infâme, un promeneur fait une  découverte sur la commune de Château-Guibert. Le lieu se situe à mi-chemin entre La Mainborgère et Château-Guibert, non loin lac du Marillet et son barrage d’eau potable….Là, à quelques pas, un champs…des monticules d’une matière non identifiée, infâmes, un mixage à mi-chemin entre dépôt d’ordures sauvages et terreau grossier, plusieurs tonnes en attente d’épandage. Dans cet amalgame à l’odeur écœurante, il y a de tout, du plastique grossièrement broyé, et même quasiment intacte, une brosse à dents…. Il y assez d’immondices dans ce compost qui n’en mérite pas le nom, pour polluer durablement sols, sous-sols et plantes, alors que non loin de là se trouve un barrage d’alimentation en eau potable. Les épandages de compost sur odures brutes continuent donc… les autorités n’ont donc pas tenu leurs promesses. Et aujourd’hui, elles font la promotion d’usine de tri-mécano-biologique censées faire mieux et rendre la “Vendée propre”, doit on les croire ?

D’autant que depuis 2005, malgré une volonté affichée de promouvoir le compostage collectif (exemple plateforme de St Philbert de Bouaine) et son inscription dans le plan de gestion des déchets (21 planifiées), curieusement aucune nouvelle plateforme n’a été construite, les budgets sont gelés… peut-être pour éviter que ces plateformes moins coûteuse n’enlèvent de la matière à traiter aux unité de TMB et rendent donc la construction de celles-ci injustifiée ?

Beaucoup de questions en suspens donc dans cette affaire…auxquels les autorités locales ont bien du mal à répondre avec franchise et clarté.

Affaire du compost pollué et du TMB en Vendée dans la presse :
- 21 décembre 2007 – Le compost du Taffeneau montré du doigt (Ouest-France)
- 2 avril 2008 – Compost douteux : le monde agricole réagit (Ouest-France)
- 4 avril 2008 – Le compost indésirable de Trivalis sera exporté (Ouest-France)
- samedi 19 avril 2008 – Alerte au compost pollué (Ouest-France)

- 16 août 2008 – A Château-Guibert, la Fève déniche encore du compost douteux (Ouest-France)

- 19 avril 2008 – Alerte au compost « pollué » : les associations montrent les muscles (Presse Océan)

Un article est également paru dans le journal “Les Sans-culottes 85″ : http://www.lesansculotte85.com/ (numéro 18 septembre 2008 – Trivalis ou Trivalable ?)

Vidéos de la Féve sur Youtube : http://fr.youtube.com/FEVE85

Article Blog  Feve : La scandale du compost pollué vendéen


Répondre

Votre réponse :

Catégories